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News 2005
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Bouger plus ne fait pas forcément maigrir!

Pour certains experts, l'escalade actuelle de l'obésité est la conséquence principale du déclin de l'activité physique. Théoriquement, promouvoir plus d'exercice devrait donc pouvoir inverser la tendance. Une étude conduite chez des adolescents indique que la réalité est bien plus complexe...

Par Nicolas Rousseau

News du :
22 Mars 2005

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Le rôle bénéfique d’une activité physique régulière sur l’état de santé est indéniable. Chez l’enfant, cette influence positive se mesure déjà sur l’os et améliore tous les facteurs de risque du futur adulte pour les maladies cardio-vasculaires (hypertension et cholestérol) et le diabète de type 2. En revanche, la relation avec l’obésité et la surcharge pondérale n’est pas nécessairement aussi évidente qu’on ne pouvait le penser auparavant, comme en témoigne une étude conduite en Suède chez 445 adolescents âgés en moyenne de 17 ans et leurs mères, dans le cadre d’une enquête nationale plus large.

Les garçons, mais pas les filles

Pendant une semaine, les volontaires ont complété de manière détaillée des questionnaires reprenant la fréquence, la durée et l’intensité de l’activité physique pratiquée durant leurs loisirs, à l’école ou sur le chemin de l’école. Près de 10 % des filles et 15 % des garçons étaient trop gros, de même que 34 % des mamans. Au terme de cette petite étude, il est apparu que les garçons étaient significativement plus actifs que les filles et que le pourcentage de masse adipeuse diminuait en fonction de l’élévation du niveau d’activité physique (les garçons les plus actifs étaient donc les plus maigres). Cette relation était cependant totalement absente chez les filles, qui présentaient aussi en moyenne un tissu adipeux plus important que les garçons.

La relation mère-fille

Autre enseignement de cette enquête: le pourcentage de tissu adipeux chez les jeunes filles était directement associé avec celui de la mère, ainsi que le niveau d’éducation. En clair, les filles les plus «dodues» avaient plus souvent des mères avec un excès de poids. A l’inverse, cette dépendance intergénérationnelle ne se retrouvait pas entre les mères et les garçons.
Bien que ces résultats demandent des confirmations et des éclaircissements à plus large échelle, ils rappellent que l’activité physique est indissociable de la réduction de la prise alimentaire dans les stratégies visant la perte de poids. Cette observation est assez logique, quand on calcule, à titre d’exemple, le temps et l’intensité nécessaire pour brûler des calories. Dans le cas d’un «repas enfant» pris dans un fast-food, il faudrait près de une à deux heure(s) d’activité physique vigoureuse pour entièrement éliminer les calories ingérées! Des chiffres qui aident à relativiser, mais qui ne doivent pas pour autant voiler la nécessité d’être plus actif…

Nicolas Rousseau
Diététicien nutritionniste

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Référence:
Ekelund U et al. Am J Clin Nutr 2005; 81(2): 355-60

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